Un nouveau pont transatlantique : les clés de l’accord UE–Mercosur

Le 17 janvier 2026, l’Union européenne (UE) et le Mercosur ont officiellement signé à Asunción, au Paraguay, l’accord de libre-échange entre les deux blocs. Toutefois, le traité n’est pas encore entré en vigueur, faute d’avoir été ratifié par le Parlement Européen.

À ce stade, le processus est suspendu en raison de divers obstacles juridiques et politiques, notamment du côté européen, ce qui a retardé sa mise en œuvre effective. Il s’agit du premier article d’une série consacrée à l’accord entre le Mercosur et l’Union européenne. Ne manquez donc pas les prochaines publications, car ce sujet a un impact réel et direct sur votre stratégie d’internationalisation.

Qu’est-ce que cet accord ?

L’accord UE–Mercosur est un traité de libre-échange global conclu entre :

  • L’Union européenne, un bloc économique composé de 27 États membres.
  • Le Mercosur, regroupant l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.

S’il entre en vigueur, il donnerait naissance à l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, représentant plus de 700 millions de consommateurs et près de 25 % du PIB mondial.

Principaux axes de l’accord

  • Réduction des droits de douane

L’accord prévoit l’élimination progressive des droits de douane sur environ 90 % des échanges commerciaux bilatéraux, facilitant ainsi l’accès réciproque aux marchés.

  • Échanges sectoriels stratégiques
  1. Le Mercosur bénéficierait de nouvelles opportunités pour exporter des produits agricoles et agroalimentaires, tels que la viande, le soja et le sucre.
  2. L’UE renforcerait sa présence dans les secteurs industriels et technologiques, notamment l’automobile, les machines, les produits chimiques et les technologies de pointe.
  • Protection des indications géographiques

Des mécanismes sont mis en place afin de protéger les indications géographiques européennes (vins, fromages et produits régionaux), en garantissant leur reconnaissance sur les marchés sud-américains.

  • Clauses de sauvegarde et mécanismes de protection

Le traité intègre des clauses de protection permettant d’intervenir en cas de déséquilibres graves dans des secteurs sensibles, tant en Europe qu’au sein du Mercosur.

Un accord d’intérêt mutuel

Au-delà des échanges commerciaux, l’accord revêt une dimension stratégique claire.

  • Pour l’Union européenne, il s’agit de diversifier ses partenariats, de renforcer le multilatéralisme et de réduire certaines dépendances dans un contexte mondial marqué par les tensions commerciales et le protectionnisme.
  • Pour le Mercosur, l’accord constitue une opportunité de consolider son accès à l’un des marchés les plus vastes et les plus stables au monde, d’attirer des investissements et de renforcer son intégration internationale.

Dans un contexte d’intégration économique croissante entre blocs régionaux, disposer d’une structure opérationnelle au sein de l’Union européenne ou du Mercosur permet aux entreprises d’anticiper les évolutions réglementaires, d’optimiser leur accès aux marchés et de se positionner stratégiquement en vue de futurs accords commerciaux. Cette présence locale facilite l’adaptation réglementaire, réduit les barrières opérationnelles et renforce la compétitivité internationale.

Pourquoi l’accord n’est-il pas encore en vigueur ?

Bien que le texte ait été signé, son application nécessite :

  • La ratification par le Parlement européen.
  • L’approbation par les parlements nationaux des pays du Mercosur.

Au sein de l’Union européenne, la ratification est actuellement suspendue à la suite de la décision du Parlement européen de solliciter un avis de la Cour de justice de l’Union européenne sur la compatibilité de l’accord avec les traités européens. Cette procédure peut s’étendre sur plusieurs mois, retardant ainsi son entrée en vigueur.

Conclusion

L’accord UE–Mercosur demeure l’un des projets commerciaux les plus ambitieux de ces dernières décennies. Un intérêt réel et durable existe de part et d’autre, mais sa concrétisation dépendra de l’évolution juridique et politique du processus de ratification.

Tant que ce processus reste en suspens, les entreprises et les investisseurs doivent adopter une stratégie à la fois prudente et proactive, en analysant les opportunités, en évaluant les risques et en se préparant à différents scénarios. Dans ce contexte d’incertitude, l’accord continue de représenter une opportunité stratégique à long terme, même si sa mise en œuvre dépendra des développements juridiques et politiques des prochains mois.

Dans ce cadre, Biznelp réaffirme son engagement à accompagner les entreprises à être présentes dans ces territoires, en leur facilitant l’interprétation de l’environnement réglementaire et commercial et en les aidant à anticiper les évolutions et à se positionner de manière stratégique.

Si vous souhaitez savoir comment cet accord peut affecter votre entreprise, contactez-nous.